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Les livres de Raison : c’est ainsi que l’on appelait, au moyen âge, le journal personnel que tenaient des particuliers. Ceux qui ont été écrits par de simples paysans, sont assez rares, et c’est ce qui nous détermine à publier en entier, celui que nous a laissé Hugues Mayet, cultivateur de la petite paroisse de Nuelles, près de L’Arbresle, d’autant plus qu’il renferme un tableau fort exact de la vie modeste d’une famille rurale au XVIIIe siècle. A. Vachez nous présente l’homme et son environnement.

Les débuts d’une famille

Né le 12 octobre 1682, Hugues Mayet nous apprend d’abord qu’il contracta un premier mariage dès le 16 février 1700, c’est-à-dire à peine âgé de 18 ans. De cette union naquirent seize enfants. Treize vivaient encore quand leur mère mourut. Et c’est sans doute parce que chacun d’eux avait quitté la maison paternelle, que las de vivre dans l’isolement, on le vit, après 18 ans de veuvage et à l’âge de 64 ans, contracter un second mariage, qui donna encore le jour à trois autres enfants.

Hugues Mayet vécut jusqu’à un âge fort avancé, car le 27 avril 1763, il tient encore note du décès du curé de sa paroisse. Et comme à cette date, il était entré dans sa 81ème année, il est à présumer qu’il mourut bientôt après.

Il ne faut pas demander assurément à notre vieux paysan beaucoup de développement dans la rédaction de ses notes journalières. Quoique son écriture soit bonne, la rédaction semble lui coûter quelque peine. Et s’il a bien soin de nous dire quel jour de la lune est né chacun de ses enfants, ce qui était, paraît-il, un pronostic de bonheur ou de malheur, il se borne à mentionner, sous la forme la plus brève et la plus stoïque, le décès de tous ceux des siens, auxquels il a survécu.

La vie quotidienne

Toute son  expansion, il la réserve pour nous rappeler les funestes résultats de l’intempérie des saisons, du cruel hiver 1709, notamment, les fâcheux effets des épizooties qui déciment son bétail, l’impression que lui a causé la nouvelle d’une émeute qui vient troubler la ville de Lyon, la curiosité que provoque le passage de quelques princes du sang à L’Arbresle, et aussi les ravages causés par le débordement des rivières qui ruinent les ponts de la contrée, et dont nous retrouvons, aujourd’hui encore, les traces à Dorieux.

Ces petits faits étaient les seuls, en effet, qui puissent venir rompre la monotonie de la vie paisible d’un paysan, attaché à la culture de ses terres, et qui ne quittait guère ses  foyers que dans des occasions extraordinaires.

Sans doute les simples notes que nous a laissées cet honnête cultivateur, ne nous font pas connaître tous les détails de la vie de cette famille patriarcale, qui formait presque une tribu.

Mais ce qu’on y retrouve suffit pour nous révéler, à la fois, l’honnêteté profonde de ces familles rurales d’autrefois, et la résignation, toute chrétienne avec laquelle elles acceptaient la vie de labeur, à laquelle les attachait leur humble destinée.

L’aisance n’est pas grande et les dots sont fort modestes.  Les charges imposées par de nombreux enfants, sont lourdes aussi à supporter. On y parvient cependant à force d’économie et de travail, et parce qu’on sait se contenter de peu, sans rien sacrifier à un luxe frivole et sans témoigner d’aucun sentiment de basse envie au sort des classes plus heureuses et plus favorisées de la fortune.

Les filles épouseront un artisan de la ville ou quelque honnête cultivateur, comme leur père, et ceux des fils qui abandonneront la culture des champs iront à Lyon embrasser une profession manuelle, qui assurera leur avenir et leur permettra de réaliser une fortune, que n’auront point connue les ancêtres.

Et c’est ainsi que tous, avec leurs propres ressources, vivront à l’abri du besoin, et que l’honneur du nom paternel aura contribué, pour une grande part, à rendre plus fructueux les efforts qu’ils auront tentés, pour arriver à l’aisance et à une condition meilleure.

Voilà ce qui se dégage du Livre de Raison de cet honnête paysan. Voilà l’intérêt qu’il présente à qui sait envisager tous les humbles détails qu’il renferme, dans leur ensemble et en vue des habitudes sociales dont il nous rappelle le souvenir. Aussi l’impression qu’on éprouve de sa lecture est – elle  un sentiment d’estime et de profonde sympathie, pour cette forte race qui a fait notre sol fécond et en qui résidera toujours, au plus haut degré, l’une des forces vives du pays .

Hugues Mayet raconte

Le 12 novembre 1682, je suis né, je ai esté baptizé dans léglise de Nuelles, par Monsieur Tenant, curé, le 19 dud. Monsieur Hugues Guérin esté mon parain, et Jeanne Lespinasse, de Saint-Genist les Olière, a este ma maraine.

Baptistaire de ma femme.

Claudine Simond, fille d’Antoine Simond et de Jeanne Brun mariés, habitans de Saint-Genist-les Olière, qui naquit le 6 janvier 1687 et été baptisé le 7 dud, en l’église dud. SaintGenist. Claude Simond, son grand-père, a esté parain, et Jeanne Pelisson, veuve de Jean Brun de Sosieux a esté maraine.

Le baptesme a esté fait par Monsieur Dupelier, pour lors curé.

Le 16 février 1700, j’ai épouzé Claudine Simond, fille d’Antoine Simond et de Jeanne Brun.

Le duc de Bourgogne et le duc de Berre est arrivé à Lyon le 9 avril 1701. Ils y ont resté 4 ou 6 jours[1] 

Les enfants naissent et meurent

André Mayet mon fils et de Claudine Simond, ma femme, et né le 26 décembre 1702, vers les 6 heures du matin.

Il a esté baptizé en léglise de Nuelles le 27 dud. sur les 4 heures du soir, par Monsieur Tenant, curé. Mon père a esté parain. Et Jeanne Caillot, fille de Pierre Caillot, habitant de Châtillon-d’Azergue, a esté marraine.

Ledit André Mayet, mon fils est mort le 17 mars 1703. Il a esté enterré le mesme jour par M. Tenant, curé.

Marthe Mayet, nostre fille, naquit le 28e mars 1704 ; elle a esté baptizé en léglise de Nuelles le 30 e dud. , par Monsieur Tenant, curé.

Monsieur Hiérémie Bigaud, bourgeois de Lyon, a esté  parain.

Et Marthe Dévigaud, femme de François Ducreux, chirurgien à Larbrelle, a esté maraine.

La dite Marthe Mayet, ma fille et morte le 13e avril 1704, elle a esté enterré au simetière de Nuelle le 4e dud. , par Monsieur Tenant, curé.

Le 29 et le 30 mai 1704, il gellé plus que du quard des vignes. Il y en a une grande quantité qu’il n’y a rien laissé.

Marguerite, nostre fille, naquit le 4e juin 1705, le jeudi, sur les huit heures du matin, le dix jours de la lune de May, elle a esté baptizé en léglise de Nuelle le 7e dud. jour de Sainte Trinité, par Monsieur Tenant, curé.

Pierre Caillot, le jeune habilieur de fracture a esté parain et Marguerite Merlin, femme de Guillaume Chanel, habitant de Saint Germain sur Larbrelle, a esté maraine. (Elle a fait ses Pâques le 14e apvril 1718)

Monsieur Barier, viquaire à Saint Germain sur Larbrelle, a esté receu curé en la paroisse de Nuelle, le 3oe janvier 1706, par Monsieur Tenant, curé :

Et Monsieur Hugues Guérin, châtelain, et Monsieur Bigaud on faict la réception en léglise de Nuelle, au son de la cloche. (Il est mort le 29 octobre 1740, et enterré proche la chère.)

Pour faire passer la gale à un cheval il faut achepter un carteron de Néapolitaire double valans 15 s. Il faut le faire seigné, puis après un jour ou deux, le bien frocter  partout de cet ongant, puis le mestre une heure au soleil qui face bien chaud, la gale luy passera.

Claudine, nostre fille naquit le 13e septembre 1707, sur les huit heures du soir. Elle a esté baptizé en léglise de Nuelles, le 11e dud. par Monsieur Barier, curé. Monsieur Jean Chapuis, notaire à Larbrelle, a esté parain et Marguerite Jaquier, femme de Nicolas Lamber, notaire à Larbrelle a esté maraine

Un terrible hiver

Le 6e janvier 1709, il a commencé à faire une siz cruelle froit qui a duré presque au 26e dud. qui a tué presque tous les blé. De 30 bichets que j’avais semé, je n’ai cuilly qu’une coupe, qui cy qu’à Saint Genis. Avant lyver, il ne valoit que 44 sols le bichet de la soigle, et après, elle a couté à Saint Genis 13 livres 8 sols le bichet, le 3e juin 1709.

Pour les vignes de plus de 40 journé à eserter, que j’avais qui cy qu’a Saint – Genis, je n’ai cully que 2 ané de vin. Auparavans lyver j’en avais que j’orais donné à 55 sous l’ané et après lyver, je l’ay vendu 7 sous le pot. J’en ay vandu à Monsieur Brosette de Vayse 24 livres l’ané.

Pour les noyé, il on presque tous gellé. Le 21e mars 1709, j’en ay achepté qui ma coupté à rayson de 4 sous 9 deniers la livre Il a   toujours ormenté jusque  à ce que le 24e 1714, il a couté 10 sous la livre. L’année 1709, les manœuvre estoit bien aizé de travailier pour leur vie et les valé et les servantes. [2]

Marie, notre fille, naquit le 7 septembre 1709 entre 8 et 9 heures du matin et le 3e de la lune. Elle a esté baptizé en léglise de Nuelle le 8e dud. par Monsieur Barier, curé. Sieur Pierre Jacot dit Davinié, marchand à Bully, a esté parain, et Jeanne Brun, ma belle mère, a esté maraine.

Pierre, notre fils, naquit le lundi, à la première heure du mois de juin de l’ané 1711, à la pleine lune. Il a esté baptizé en léglise de Nuelle, led. Jour à 9 heures du soir, par Monsieur Barier, curé. Pierre May, boulanger, demeurant ché Charbonnas à Lyon, a esté parain, et Marie Bare de Couson, demeurant ché Monsieur Rigaud à Lyon a esté maraine. Ils son à présent mariez ensemble en 1712.

Leonneur, notre fille, naquit le 2e apvril 1713, sur les 6 heures après midy, au premier cartier de la lune de mars . Elle a esté  baptizé en léglise de Nuelle, le 3e dud. À 5 heures du soir par Monsieur Barier, curé. Antoine Berne, habitant et luminier dud. Nuelle a esté parain, et Léonneur Romieux, femme de Jean Thomasson, habitant dud. Nuelle, a esté maraine.

Le 12e décembre 1712, jalois à Lyon et je pasois à Saint Genis-les-Olière pour parler à Claude Fuchier et Claude Chermillon. De là nous allions ensemble ché Jean Chermillon en pasant par la pettite porte de la terre de la Vesve Gorgeron. Je mis le piez gauche sur le mache piés de ladite porte. Il me glisat, il me diloca l’os de la jambe d’avec la chiville et me força le nerf. Pierre Caillot, le père et Monsieur Devigaud me son venu raccommoder icy à Nuelle. Jeay demeuré, il m’a falu demeuré 10 jours dans le lit et plus de 14 jours qui me faloit porter des béquilles.

Le 2e et le 3e juin 1713, le jeudy et le vendredy avant la Pentecôte, il a gellé plus que du card de vigne et autres choses crenant le froy.

Le 27e décembre 1713, jour de la Saint-Jean l’évangéliste, il on levé le cheval de bronze et le roi dessus, en Bellecourt, à Lyon [3]

En 1714, on donoit au magnoeuvre pour poüé [4], 4 sous et pour esserter 6 et 7 sous par jour.

Des impôts mal acceptés…déjà !

En 1714, il y avait un partisan à Lyon, qui s’appeloit Mario, qui avoit le buraud de tabac, et il a pris la ferme des entré des portes. Auparavant, il ce donnoit 14 livres par un boeuf et 32 sous par veaux et 4 livres par anné du vin en foyr.

Après qu’il a pris la ferme, il voloit ce faire donné 20 livres par bœuf et le reste à proportion. Il avoit impozé 3 sous par un dinde et 1 sou par poule et 1 sou 6 deniers par cot et 1 sou par panier de œuf ou de beure.

Le 5e juin 1714, le peuple estant irité de ces novaux impoz, ils ce son asemblé une grande quantité et son al éché ce Marion pour le prendre, pour savoir le suget de ces impoz. Il ne l’on pas trouvé, il pasa sur les toits des maisons et sans sauva. Il y avoit de ces garde noire ché luy. Il on donné un cout de fusit à un homme et l’on tué. Il se blesa plusieurs personne. Le peuple ont entré et pilié tout ce qu’il avoit ché luy.

On fait estat qu’il avoit plus de cent mille livres de thabat et tous ces meubles.

IL n’ont laisé ny porte ny fenestre.  La nuy précedante, il fit mestre une porte neuf et le lendemain on la prit et on la porta au Rone avec les autres.

On ne sauroit nombrer le aval qu’il y ont fait. Du depuy, il ne ce donne que 5 sous par bœuf et 1 sou 3 deniers par veaux et 1 sou 9 deniers par anné de vin.

Monsieur de Villeroy est venu pour régler ce désordre. Le 2e juliet 1714, il ont remis les entré, comme la magnière accoutumée et ordonné à tous les bouché de tué de viande et de tenir leur boutique fournie de toute sorte de viande sur paine de la vie [5]

En ce temps – là il on pozé un camp à la Guillotière ou il y avoit 1 800 cavalié qu’il on détruis presque tout le foin des environs. Il a si bien fait enchery par icy qu’il y a des gens qui lon vandu plus de 4 livres le quintal au pré. Il on mis un camp à Ance et un a Villefranche ; il y a ausy plus de 1 000 fantacin en Vaise que tous ce nourise du pain de monition sans qu’il coute rien en landroit où il son campé.

Les maladies du bétail

Par malheur au moy de Juliet et aoust de ladite ané, il est venu une grande maladie sue les bœuf et vaches, que de tout couté il font des procesion à l’honneur de Saint Roc. On a fait asemblé tout le bestail en chaque paroisse et on les a mené en la place. Les prestres on fait de l’eau bénite et ils les on toute bénit.[6]

Le 25e juillet 1714, on a fait la procession en ceste paroisse et le jour de saint Roc a cette intention. Nous avons passé à la Croix Baset et ché Monsieur Guérin, ché Ferlat et au molin de Nuelles et somme revenu à la Croix Baset. Il y a des paroisses proche de Villefranche où qu’il né resté ny bœuf ni vache. D’abord quelle prene mal elle tramble, elle on une dierré que quel remède que lon puisse faire, elle meure dans 4 ou 5 jours. Il y en a que, le soir, elle ne son pas malade. Le lendemain, on la trouve morte. Je prie Dieu en monsieur saint Roc qu’il nous préserve de ce facheu accidant. Il y en a quune de morte en ceste paroisse, le jour de la faiste de saint Roc 1714. Le 30e dud. Il nous en est mort deux, il nous en a resté que deux. A la Toussaint, il y en a eu 17 de morte à Nuelle.

Le 28e aost 1714, la royne de Poullonne a pasé à Larbrelle qui venoit de Lyon. [7]

L’ambassadeur de Perse a pasé à Larbrelle avec son équipage et plusieurs domestiques de la Turquie avec luy, qui allest à Paris, le 9e janvier 1715

Le 17e janvier 1715, sur les 4 heures du soir et le 13e de la lune, est né Gasparde – Marie , ma fille, a esté baptizé le 18e dud. à 5 heures du soir. Son parain a esté Antoine Chanel, au lieu et place de Gaspard Chanel son cousin, marchand de Saint Germain sur Larbrelle, et sa maraine a esté Marie Caillot fille de Pierre Caillot, habilleur de fracture du corps humain de Chatillon d’Azergue, a esté baptizé par Monsieur Barier, curé.

L’inondation de 1715

La nuit du 14 au 15 septembre 1715, sur la minuit il a fait une si grosse pluye qui l’a emmené les ponts de Larbrelle et de Dorieux. Il a emmené 7 ou 8 maison à Larbraille et 18 personnes. Le tout a esté fait en moins de 2 heure.

Le 6e janvier 1717, sur les 6 heures du soir, et le 24 de la lune, et né Caterine ma fille, a esté baptizé le 7e dud. à 2 heures après midy.

Son paraina esté Charles Dalbepierre, notaire et grefier à Chatillon, et sa maraine a esté Caterine, fille de Nicola Lamberd, notaire royal à Larbrelle. 

Le 9e février 1717, Monsieur Guérin a épouzé Madame Guérin, sa cousine germaine.

Au commencement d’apvril 1717, Monsieur Barier, curé de Nuelle, et allé empêché les habitans dud. lieu ché Monsieur le Marquis d’Albon, lui disan que il volait que on lui payace les aconte des gerbes de blé et les porté d’une terre à l’autre et ne levé qu’une croix en chaque maison, ce que l’on n’a pas acoutumé de faire. Les habitans sont alé sept ché Monsieur le Marquis pour lui soutenir que la coutume a esté de tout temps de ne payer la dixme d’aucun aconte, mesme quand il en auroit onze, et de levé quatre gerbes pour la croix, en quel terre que ce soit. Monsieur le Marquis et Monsieur le curé on dit qui feriont sinifié une ordonnance pour ce. Il non point fait sinifié, on a pas laisé que de payer, comme à l’ancienne coutume, jusque à nouvel ordre, ce 24e juliet 1717.

En 1718, il a fait une sy grande sécheresse que il a presque tué les vignes et les arbres, de magnière que ce que peu il a resté a esté poussé à la saint André et le vin blanc a coulé.

Le 23e octobre 1718, messire Pierre Tenan, curé de Nuelle, et mort à l’heure de midy et le lendemain on l’a enterré devant la chapelle de Nostre Dame. Il y avait plus de 240 pauvres. Monsieur Barier, curé en sa place, leur a donné 3 deniers chacun.

Le 17e février 1719, vendredy, sur les 8 heures du matin et le 28e de la lune, et né Hugues Mayet mon fils et de Claudine Simond ma femme. Son parain a esté Pierre Bernard, talhieur et gendre de Monsieur François Guérin, aussi talhieur d’habit de Chatillon d’Azergue. Sa maraine a esté Claudine ma fille, a esté baptizé le 19e du présent dimanche de Carnaval, sur les 3 heures apres midy, par Monsieur Barier, curé de Nuelle.

… et la sécheresse

En l’an 1719, il a fait une si grande sécheresse, que il a emporté plus de 3 quard du blé. Il n’a point esté de légume, presque point de foin, de magnière que au moy de novembre le foin valoit 4 livres le quintal, par les granges. Au moy de mars 1720, le seigle 5 livres, les pesettes blanches 7 livres, mesure de Tarare.

Le 15e apvril 1720, sur les 4 heures du soir, est arrivé à Larbrelle Madame la princesse, fille du duc d’Orléans, régent de Louis XV, roy de France. Elle s’en aloit marié à Modaine en delà l’Italie.

On dit qu’il luy a donné 40 millions de mariage elle avoit un grand esquipage que carosse, charestte, que cavaliers, plus de 600 cheval et 400 hommes. Ceux de Larbrelle luy son allé au devand jusque proche du four de la chaud de Bully. Il on gardé tout leur esquipage la nuit. Elle s’est en allé à Lyon à midy, elle a fait donné à la tourbine 50 livres, aux pauvres 70 livres.[8]

Le 2e novembre 1721, sur une heure devan jour et le 9 de la lune, est né Odet Mayet, mon fils, et de Claudine Simond, ma femme. Son parain a esté Odet Quétant, filz de Jean Quétan, habitan de Lucenay, et sa maraine a esté Jaqueline Pain, femme de Pierre Piquet, habitant de Nuelle a esté baptizé par Messire Jean Barier, curé dud. lieu, ledit jour à soleil couchan.

Le 29e décembre 1723, le mercredy, est né Pierre Mayet, mon fils, et de Claudine Simond, ma femme, sur les 8 à 9 heures du soir et le 3e de la lune. Son parain a esté Pierre, fils de Pierre Caillot, habilieur de fracture de Châtillon d’Azergue. Sa maraine a esté Marguerite, ma fille, demeuran ché Monsieur Guérin à Lyon, a esté baptizé par Messire Jean Barier, curé de Nuelle, sur les 4 heures du soir, le 30e dud.

Le premier janvier 1724, on a bénit le glorieux saint Clair que Olivier Pettit Jean, luminier a achepté.

Le 24e octobre 1725, entre minuit et une heure du matin et le 18 de la lune, est né Jane Marie  Mayet, ma fille, de Claudine Simond, ma femme. Son parain a esté mon fils, l’aîné, Pierre et Marie, sa sœur, a esté baptizé par Messire Jean Barier, curé de Nuelle, sur les 6 heures du soir.

Le 27e may 1727, à 7 heures et 3 quard du soir, et le 7e de la lune, est né Jean Mayet mon filz, et de Claudine Simond, ma femme. Son parain a esté Jean Mayet et sa maraine a esté Michelle Barbaux, femme de Jean Dalbepierre, tous habitants de la paroisse de Nuelle, a esté baptizé par Messire Barier, curé dud. Nuelle.

Le 28e dud. à 2 heures après minuit, ma femme a fait une fille de la mesme ventré dud. cy dessus, qui a esté ondoyé par la vesve Marduel de Chatillon, mère sage, qui est morte un card d’hure apprest et a esté enterré au simetiere de léglise de Nuelle, led. Jour à 4 heures du soir, apprès le baptesme dud.  Jean son frère.

Led. Jean est mort le jour de Noël, à 2 heures apprès midy. Il a esté enterré au simetiére de Nuelle, le jour de la feste de saint Etienne, de 1727.

La dimanche dernière de febvrier 1728, en sonant midy, la grand cloche de Nuelle a cassé.

Le 9e novembre 1728, sur les 9 heures  du soir, le mardy et le premier cartier de la lune, est né Jean François mon fils, et de Claudine Simond ma femme. Son parain a esté Monsieur Jean Guérin, advocat au Parlement, et dame Marie Françoise Guérin, femme dud. Monsieur Guérin, a esté maraine. Le batesme a été fait par Messire Jean Barier prestre, curé de Nuelle, le 10 novembre 1728, sur les 5 heures du soir.

Le 19e dud. ledit Jean François est mort et enterré le 20e dud.et ma femme est morte le 24 dud. à midy, et enterré le 25 dud.

Le 2e novembre 1726, Claudine, ma fille a fiancé Benoist Chalu, dont je lui ai promis 150 livres de mariage, rien autre. Je lui ai achepté une robe rouge qui m’a coupté 50 livres. Son cofre linge et habis sont évalué 180 livres. Nous avons fait tous les dépens par moytié. Je luy ay donné 2 bichets de Tarare soigle. 4 livres.

Le 26e dud. il on épouzé. Le 25e février de 1727, je luy ai donné 100 livres, dont M. Dugoujard a fait la quittance. Outre ce, je luy a donné un petit coin de pré, tenant une coupe, mesure de Tarare, dont il y a 3 ayes et 3 perié, joinant le sien au Solié ; que si ma fille venoit à mourir sans enfans, il doit retourné à mes autres enfans.

Françoise, fille de Benoist Chalu et de Claudine Mayet, est né le 9e novembre 1728, à 2 heures du matin, le dimanche, au dernier cartier de la lune. A esté parain, moy Hugues Mayet et Françoise Delorme, mère de Benoist Chalu, a esté baptizé led. jour à 3 heures après midy, par Monsieur Jean Barier, curé de Nuelle. 

Le 16 oust 1730, à 3 heures du matin, Claudine, ma fille, est tombé malade, et le 18 à i heure du matin, elle est morte. Elle a esté enterré par messire Jean Barier, à 6 heures du soir, led. Jour. Elle a laissé 2 enfants, à savoir, Françoise et Jacques, agé de 4 moy et demi.

Le 3 et 5 décembre 1739, il a fait un vent qui a ébranlé le couvert de plusieurs maisons. Il a arraché presque la moitié de noyé et autres arbres.

Le 27 juillet 1743, il a fait un si grand vent qu’il a mis les maye[9] de blé, presque toutes par terre et beaucoup des arbres.

Le 8 et 9 d’aoust 1743, Monseigneur L’évesque de Sidon[10] est venu confirmer à Larbrelle.

Le 17 juliet 1747, j’ay épousé Jeanne de Saint Jean du Breux[11]

Claudine, ma fille et de Jeanne de Saint – Jean, ma femme est né le 6 juin 1747, à la fin de la lune. Son parain a esté Pierre, mon fils, Jeanne Dorieux, sa femme a esté maraine. A esté baptizé le 7e dud. par Messire Peillon, prêtre, curé dud. Nuelle.

Jeanne Marie, ma fille, et de Jeanne de Saint – Jean, est né le 14e février 1744 à 2 heures du matin, et le 27 de la lune. Son parain a été Charles de Saint – Jean, frère de ma femme, et Jeanne Marie, ma fille, femme de Pierre Piquet depuis 3 jours. A été baptizé led. Jour à 5 heures du soir, par Messire Peillon, prestre, curé de Nuelle.

Elle est morte le 16 avril 1749, de la vérolle.

Le 12e octobre 1749, la fille de Louis 15, roy de France, femme de Dom Philippe Infant d‘Espagne, a passé, avec une petite fille de 7 ans et quelque moy, qui san alion en Italie. On a fait des grandes réjouissances à Lyon.

Le premier mars 1750, à huit heures du matin et au dernier cartier de la lune, est née Antoinette, ma fille et de Jeanne de Saint-Jean, ma femme. Son parain a esté André Menetrier, mon gendre, thalieur à Lyon, et maraine Claudine  - Antoinette Gautier, femme de Odet Mayet, mon fils, boulanger en rue de Flandre, à Lyon.

Baptizé le 3e dud. à 10 heures du matin par Messire Peillon, prestre de Nuelle.

Les curés de Nuelle

Monsieur Peillon, curé de Nuelle, est mort entre les 7 et 8 apvril 1750. Il n’a resté que 9 ans et demi à Nuelle.

Le 8 dud. Apvril 1750, Monsieur Antoine, a esté nommé curé. Il a fait son entré le 12 dud.

Le dit Monsieur Antoine a esté nommé curé de Panissières, il a fait sa démission de la cure de Nuelle et le 12 mars 1751, Monsieur Nourison a fait son entré pour curé de Nuelle, led. Jour.

Monsieur Nourison, nostre curé, est mort le 25 apvril, à 11 heures du soir 1757, on l’a enterré au proche du grand autel, sous la lampe.

Monsieur Goude est entré en possession le 5 mai 1757, pour curé. Il est mort le27 apvril 1763.

Le 9e juin 1749 Jean Poysat, mon gendre me doit pour quatre douzaine de ays de peuble (planches de peuplier)….12 livres.

Plus du premier juliet 1749, cent quarante huit livres de paille

Je dis 148 livres de paille.

Le 7e novembre 1762, j’ay achepté une baraille de vin de Salomon  Bost au pris de 6 livres lané, qui me maintien de la teneur de 2 ané et 5 cimaize, dont je luy ay donné 12 livres et 12 sous d’étraine, et s’il ne les tien pas, il me doit rendre le surplus.

La baraille a été geogé par Denoyel et ne tien que 2 ané juste.

 

A. Vachez

Antoine Vachez
Né à Riverie le 17 décembre 1832 - Docteur en droit de la faculté de Paris - Avocat inscrit près de la Cour d’Appel de Paris en 1856, de la Cour d’Appel de Lyon en 1857 - Bâtonnier de 1890 à 1892 - Membre du Conseil de l’Ordre à partir de 1880
Il fut membre de l’académie de Lyon à partir de 1883 et secrétaire général en 1887
Lauréat de la Société des Etudes Historiques à Paris qui lui a    
décerné en 1880, le prix Raymond.
Il fut également associé correspondant  national de la Société des Antiquaires de France.
Maire de Riverie en 1863, et réélu jusqu’en 1904  - Officier d’Académie à partir de 1870
Il écrivit entre autres : 
les Livres de Raison dans le Lyonnais et dans les provinces voisines  ;
la  bataille de Métrieux, épisode des Guerres de Religion dans le Lyonnais
le château de Châtillon d’Azergues, sa chapelle, ses seigneurs ;
Etude historique sur le canton de Mornant
Les familles chevaleresques du Lyonnais, Forez, et Beaujolais, aux Croisades.
La voie d’Aquitaine et la légende de Saint Bonnet,  etc…
Il a assuré la transcription du livre de raison de Hugues Mayet, tout en respectant son mode d’écriture.

 

Document préparé par Monique Roussat



[1] Le duc de Bourgogne, père de Louis XV, et le duc de Berry, séjournèrent en effet à Lyon jusqu’au 13 avril.

[2] Nous trouvons ici des indications très précises sur les terribles effets de l’hiver 1709, qui fut suivi d’une cruelle disette causée par des pluies interminables. La « Petite Chronique Lyonnaise »publiée par Morel de Voleine, nous apprend aussi que le bichet de blé (34 litres environ) pesant 60 livres, se vendit 20 livres, le seigle 16, le blé noir ou sarrasin 15, l’année de vin de 30 à 40. On vit des malheureux, à la campagne, céder des parcelles de terres pour obtenir du pain. A cette occasion on suspendit les fêtes et cérémonies au collège de La Trinité ; Il n’y eut à Lyon, que cinq boulangers qui furent autorisés à faire du pain blanc. Enfin l’archevêque, donna la permission de faire gras, quatre jours par semaine, pendant le carême.

[3] L’inauguration de la statue équestre de Louis XIV, œuvre de Martin Desjardins, eut lieu non pas le 27 mais le 28 décembre (voir Péricaud : tablettes chronologiques, 1713)

[4] Poüé : tailler la vigne

[5] D’après les documents du temps, cette émeute fut provoquée par les bouchers mécontents de l’impôt mis sur les bestiaux, destinés à la consommation. Commencée le 4 juin, elle ne fut apaisée que le 6 par la milice bourgeoise. Pour calmer les esprits, le consulat avait d’abord rendu une ordonnance autorisant les bouchers à faire entrer du bétail sans payer aucun droit d’octroi. Mais cette ordonnance fut rapportée le 2 juillet suivant, par le duc de Villeroy, arrivé à Lyon dès le 20 juin. (Péricaud : tablettes chronologiques ; Morel de Voleine : Petite Chronique Lyonnaise)

[6] Ces mêmes pratiques religieuses, pour combattre les épizooties, se retrouvent dans les notes journalières de l’abbé Aulanier, curé de Brignon, sous la date de 1682. (V. Mazon, deux livres de notes journalières au XVIIe siècle)

[7] Péricaud avait mentionné, en l’année 1714,  le passage de la reine de Pologne à  Lyon mais sans en fixer la date. Tablettes chronologiques.

[8] Charlotte Adélaïde, fille du duc d’Orléans, régent du royaume, et mariée au duc de Modène, se rendait alors dans les Etats de son mari. Arrivée à Lyon, le 16 avril, elle y reçut les plus grands honneurs pendant les huit jours qu’elle séjourna dans notre ville. 

[9] Maye, au pluriel ; maya au singulier : gerbier, meule de blé

[10] Nicolas Navarre, évêque de Cydonie, in partibus, auxiliaire ou suffrageant du cardinal de Tencin

[11] Le Breuil : commune du canton actuel du Bois d’Oingt